Comment photographier la Lune

La Lune, cinquième plus gros satellite de notre système solaire, est le deuxième plus gros objet céleste. Elle a façonné l’imaginaire d’un bon nombre de civilisations, influence les marées terrestres via sa gravité, bref. Vous connaissez la Lune et j’imagine que vous souhaitez savoir comment bien la photographier.

Il faut savoir qu’il n’y a pas qu’une seule manière de photographier la Lune et que ça nécessite plus de matériel et de technique qu’on ne pourrait le croire. Voici comment faire :

Photographier la lune en “gros plan” :

comment photographier la Lune

Photographier la Lune en gros plan n’est pas une tâche facile. Vous allez devoir affronter un bon nombre de problèmes.

La matériel pour photographier la Lune :

L’objectif : Il faut savoir que le diamètre apparent de la Lune est en moyenne de 1/2 degré dans le ciel, c’est à dire qu’elle est minuscule. Il va donc vous falloir une focale très longue pour réussir à avoir une image correcte.

Je vous conseille par exemple le 150-600 f/5-6.3 de chez Sigma (que j’ai souvent conseillé quand je travaillais en boutique photo et pour l’avoir essayé). Comptez 1000€ l’objectif.

Vous pouvez aussi utiliser un 500mm f/6.3 catadioptrique de chez Samyang, dont j’ai fait la review dans cet article. Il est beaucoup moins cher que l’objectif précèdent, mais horriblement plus difficile à utiliser !

Le must have pour photographier la Lune serait d’avoir un télescope (Newton ou Dopson), ou une lunette astronomique (Exemple : 80ED de Skywatcher). J’en parle plus en détail dans cet article : “Comment choisir son télescope”. Le télescope reste l’unique moyen d’avoir des images très détaillées des cratères lunaires, car c’est ce qui zoom le plus fort.

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L’appareil : Je vous conseille l’utilisation d’un reflex bien sûr, mais surtout un capteur APS-C ! Car plus le capteur est petit, plus le zoom sera fort grâce à ce qu’on appelle le “Crop Factor“.

Bonus : Vous pouvez utiliser un smartphone aussi, C’est moins encombrant, mais la qualité finale des photos sera moins bonne qu’avec un reflex. Et surtout vous ne pourrez pas faire la technique dont je parle en fin d’article.

Le trépied : Pour ça, pas besoin d’investir des sommes énormes. Un simple trépied Amazon Basics fera l’affaire pour 20€. Bien sûr, si vous pouvez prendre un trépied avec une rotule afin de faciliter les mouvements que vous aurez à faire, c’est mieux (car vous allez comprendre que photographier la Lune nécessite de toujours être en “mouvement”).

Si ça vous intéresse, je vous conseille le trépied que j’utilise personnellement.

Un ordinateur : Pour faire le post-traitement de vos photos en augmentant la clarté, le contraste etc. Il se peut que vos photos brutes (c.a.d. non retouchées) soient déjà parfaites, dans ce cas là pas besoin de passer par la retouche.

Bonus : Une monture équatoriale motorisée : Pourquoi ? Car la terre tourne sur elle même et la lune tourne autour de la Terre. Tout ça n’aide pas à cadrer notre astro au centre de notre image (sur un trépied normal, avec un objectif à 500mm, la Lune mettra une trentaine de secondes pour traverser le cadre.). C’est pour cela qu’on peut prendre une monture motorisée, pour faire en sorte que la Lune ne se balade pas dans notre image pendant qu’on teste les réglages de prise de vue

Photographier la Lune

Les réglages pour photographier la Lune :

Tout d’abord, il n’existe pas un type de réglage universel pour avoir la photo parfaite sans réfléchir. Vous allez devoir adapter votre appareil à l’environnement et faire des tests. Mais bien évidemment, je vais vous donner quelques pistes qui vous faciliteront la tâche :

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Le temps de pose : La Lune reflète la lumière du soleil, elle est par conséquent très lumineuse ! La vitesse d’exposition sera donc très élevée par rapport à de l’astrophoto habituelle.

En général sur mes photos de Lune, ma vitesse se situe entre 1/600s et 1/1600s.

Tout dépend de : l’ouverture de votre objectif; la stabilité de votre matériel; la magnitude apparente de la Lune.

Concernant la stabilité du matos, je vous conseille dans tous les cas d’activer le retardateur de votre appareil, ou d’utiliser une télécommande pour déclencher à distance, cela évitera le flou de bougé provoqué par votre main qui touche le déclencheur.

Les ISO : La Lune étant bien lumineuse, pas besoin de trop monter les ISO, à moins d’avoir un objectif avec une faible ouverture. Je vous conseille de placer la barre des ISO entre 200 et 600. Si à 600 c’est toujours trop faible, vous pourrez toujours augmenter l’exposition sur un logiciel de retouche comme Lightroom.

L’ouverture : Comment toujours en Astrophoto, il est déconseillé d’ouvrir à fond, pour éviter d’accentuer les problèmes optique de votre objectif (coma, aberration chromatique, vignettage etc…). Pour éviter ces problèmes, fermez d’un stop votre diaphragme en partant de son ouverture maximale. Exemple : avec un 50mm f/1.8, ouvrez à f/2). Vous réduirez considérablement les problèmes optiques sans trop baisser la luminosité.

Par contre : si votre objectif est de bonne qualité (série L de chez Canon par exemple), l’excellente qualité optique des lentilles peut vous permettre d’ouvrir à fond.

La mise au point : Pour ça, pas très compliqué. Vous avez directement un gros point lumineux dans le ciel pour la faire : La lune (lol). Vous pouvez la faire en mode auto, mais à condition que la Lune soit suffisamment contrastée. C.a.d. en croissant, quand on voit bien la démarcation des cratères lunaires.

La pleine lune est certes lumineuse, mais paraît très “plate”, ce qui empêche la mise au point auto de bien fonctionner. Dans ces cas là, faites la mise au point manuellement, avec un zoom en mode live view.

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Faire le post-traitement :

Retoucher une photo de la Lune n’est pas très compliqué. Surtout si vos conditions de prise de vue sont optimales : vous n’avez pas besoin de retoucher. Mais voici l’exemple d’une photo que j’ai pris avec un 200mm, (trop courte focale pour la lune), dans un environnement atteint par la pollution lumineuse :

Dans cet exemple d’avant après sur Lightroom, j’ai choisi une vieille photo de 2019. Elle est cropée à mort, d’où l’aspect flou sur l’image de gauche.

➡ J’ai légèrement tiré la température de couleur vers le bleu, pour un aspect plus naturel.

➡ J’ai augmenté très légèrement les hautes lumières pour qu’elle semble moins fade, plus “radieuse”.

➡ Les blancs sont un peu diminués car l’ajout de clarté avait tendance à surexposer les points les plus lumineux (les bords de cratères face au soleil).

➡ L’ajout de clarté pour donner du contraste au sol lunaire.

(non visible sur la capture d’écran) : ➡ Ajout de netteté, pour limiter le flou causé par l’agrandissement.

Tout ce qu’il reste à faire, c’est rajouter des pixels pour augmenter la netteté. Pour faire cela, on aura recours à la technique de la super résolution, que je détaillerai dans un prochain article.

Il reste plein d’autres manières de photographier notre satellite, tels que : La Lune en entier dans son environnement; La lumière cendrée; Le passage de l’ISS; Les éclipses de Lune; Les occultations lunaires etc… Mais j’y reviendrai dans de futurs articles.

Si ces autres techniques vous intéressent, écrivez le moi en commentaire !

J’espère que cet article vous a plu, si c’est le cas partagez le ! 🙂

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